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L’expression peut sembler curieuse de prime abord car, pour reprendre du poil de la bête, il faut en avoir déjà pris. En effet, à l’origine, telle était bien l’expression : “prendre du poil de la bête “. Il y a fort longtemps, à l’époque romaine semble-t-il, lorsqu’on se faisait mordre par un animal, la meilleure façon de soigner la blessure, croyait-on, était d’y appliquer une touffe du poil de la bête qui avait infligé la morsure. Quant à en reprendre une deuxième fois, l’histoire ne nous en dit rien.
Il n’en reste pas moins que “reprendre du poil de la bête” signifie aller mieux après avoir été malade ou en baisse d’énergie.
Puisque nous parlons de maladie et de bête, je veux vous raconter comment, quand j’étais toute petite, on faisait reprendre du poil de la bête aux enfants lorsqu’ils étaient malades.
Dans mon village du centre de la France, régnait, par sa prestance et son odeur, un vieux bouc noir qui remplissait le rôle respectable d’honorer toutes les chèvres de la région. Il se nommait Arthur et sa propriétaire l’aimait comme son enfant. Lorsqu’une épidémie rôdait dans la région, la maîtresse d’Arthur s’affairait à confectionner de petits sachets de coton qu’elle remplissait des poils de son bouc puis qu’elle fixait à un ruban. Elle passait ensuite dans les familles pour attacher au cou des enfants, le pendentif destiné à repousser les maladies. Je ne saurais dire si l’on croyait à la superstition, mais personne n’aurait osé s’y opposer et les enfants étaient obligés de porter l’amulette nauséabonde sous leur chemisette jusqu’à ce que l’épidémie s’éloigne ou que l’enfant malade soit guéri.
Dans la croyance populaire, le bouc, symbole de l’énergie vitale, avait un rôle protecteur et son odeur chassait les miasmes, les maladies et les mauvais esprits.
Après avoir porté au cou les poils d’Arthur, l’on était si impatient de retrouver le parfum de lavande de la toilette du matin que l’on reprenait très rapidement du poil de la bête !
bravo pour ce post, très bien écrit et plein d’informations! belle journée
Je ne connaissait pas la genèse et je pense que le sens reste toujours vivant.
“Prendre du poil de la bête”, tel que je l’ai toujours perçu, est une expression qui fait écho à la bête tout court. Et la bête c’est chacun d’entre-nous.
Après un coup dur, une mauvaise passe, “on reprend du poil de la bête” lorsqu’on trouve la solution et on va mieux et on on peut faire fi des entraves. Bref, la bête n’est plus le bouc salvateur d’autre-fois mais soit même.
C’est plutôt drôle!
Merci!