Nénuphar serait une erreur historique. L’Académie avait écrit nénufar avec un f jusqu’en 1935 en raison de son étymologie persane. Dans la huitième édition de leur dictionnaire, ils ont succombé à la tentation d’un rapprochement sémantique avec nymphe et nymphea, des mots d’origine grecque et ont adopté la graphie nénuphar.
Lors de leur rapport de 1990 sur les rectifications orthographiques, l’Académie a préconisé de revenir à l’orthographe d’avant 1935 et d’enlever le ph grec afin de simplifier la graphie du mot tout en lui redonnant sa véritable étymologie.
Et c’est ainsi que les hostilités ont commencé entre partisans de la réforme et opposants au changement. Le débat ne cesse de s’exacerber, comiquement focalisé sur le mot nénuphar.>
Selon les botanistes, beaucoup de nénuphars appartiennent à la famille des nympheacées, mais d’autres pas… peut-être les nénufars qui sont venus directement de Perse sans faire escale en Grèce !
Avant 1935, sofa s’écrivait sopha. D’origine arabe, on le trouve sous des graphies diverses : soffah, sophah. Issu de Turquie, il serait probablement parvenu jusqu’à nous par l’Espagne lors de l’occupation maure. Mais, comment s’est-il retrouvé dans notre dictionnaire avec un ph ? S’appuyant probablement sur l’étymologie, les académiciens l’ont alors simplifié en sofa… Mais qui, parmi tous ceux qui ne veulent pas de nénufar, s’est offusqué de la graphie de sofa ?